Féminismes et intersectionnalité

Charte

LGBTQIA+, neuroatypie, non-binarité, inclusivité, grossophobie, racisme, intersectionnalité, psychophobie, transidentités, validisme, déconstruction, etc. Voici des termes que l’on voit apparaître de plus ou en plus dans les médias, dans le débat public ou dans la bouche de nos patient·e·x·s.  Que ce soit au niveau de la compréhension clinique, de notre posture de psy ou en tant qu’association professionnelle, comment prendre en considération tous ces changements sociétaux?

La commission féminisme et intersectionnalité a été créée afin d’explorer et développer une conscience sur les thèmes de la diversité, des enjeux de discrimination et inégalités auprès des membres de l’AVP et en tant que professionnel·le·x·s de la santé psychique. Au travers d’outils de sensibilisation et de réflexion, cette commission a pour objectif de créer un espace de prise de conscience et un accompagnement dans la mise en pratique d’une éthique inclusive. Dans une société en mouvement, il nous paraît primordial d’être au plus près des vécus de nos patient·e·x·s dans toute leur singularité et diversité, de leur offrir une prise en charge éclairée afin de maintenir nos pratiques vivantes.

Pourquoi un positionnement féministe intersectionnel ? Penser les discriminations et les enjeux de pouvoir à l'œuvre dans la société actuelle est une démarche complexe et multidimensionnelle. Elle est portée notamment par la sociologie, la psychologie sociale ou encore la philosophie, et ne fait pas partie ou peu des cursus de formation en psychologie et psychothérapie. Elle est également portée par les groupes militants que l’on voit s’agrandir et (se) manifester de plus en plus. Le féminisme est un mouvement militant luttant pour l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les hommes* et les femmes*.  Le concept d’intersectionnalité apporte au féminisme la volonté de prendre en compte, en plus de ces inégalités entre les sexes et de genres, celles de classe, race, ethnicité, âge, handicap et orientations romantique/sexuelle/relationnelle ainsi que les discriminations qui en découlent afin de comprendre leurs enchevêtrements. Dans une société patriarcale-blanche-cis-hétéro-normée telle que la nôtre, les violences systémiques vécues par les groupes minoritaires sont nombreuses. Elles ne sont toutefois pas toujours visibles ni conscientisées, que ce soit par les victime·x·s et/ou par les auteur·trice·x·s de ces discriminations. 

Comment se positionner sur ces questions en tant que psychologue et/ou psychothérapeute? Comment être un·e·x psy safe, c’est-à-dire qui ne reproduit pas au sein même de sa pratique les micro-agressions qu’une personne faisant partie des groupes minoritaires rencontre déjà dans sa vie quotidienne? Le processus de “déconstruction”, nécessaire à ce positionnement safe, est non seulement une démarche d’apprentissage qui peut passer par la formation, mais elle est également une démarche personnelle que l’on peut assimiler à un travail d’introspection qui passe notamment par la prise en compte de ses privilèges ainsi que par la décentration de sa vision du monde. Ainsi,

  • La commission féministe intersectionnelle se donne pour mission d’offrir aux membres de l’AVP des grilles de lecture permettant à la fois la prise en compte des violences systémiques au niveau social/sociétal ainsi que leur répercussion au niveau individuel, relationnel et intrapsychique. Dans ce cadre-là, un service de permanence disponible par mail a été mis sur pied (avec un délai de réponse de quelques jours): n’hésitez pas à nous écrire si vous vous retrouvez confronté·e·x à une situation complexe et que vous souhaitez bénéficier de ce regard de manière confidentielle. 
  • La commission féministe intersectionnelle souhaite également appliquer son positionnement éthique au sein même de l’association que ce soit dans la prise de décision, dans la communication aux membres ou encore dans l’élaboration des différents projets. Est-ce que l’AVP est une association inclusive ? La commission aimerait savoir si ces membres se sentent inclus·e·x·s et représenté·e·x·s dans leur singularité et leur diversité. Saviez-vous par exemple que seules quelques femmes ont été présidentes, et cela il y a plus d'une dizaine d'années?

*Nous utilisons le “x” dans les formes genrées du langage afin que les personnes non-binaires soient aussi représentées.

Les membres de la commission

Sandra Carlucci, Marilyn Vega, Cécile Vuillemin, Jordi Cornet Augé, Julie Bordet, Romy Siegrist